Études littéraires et technologie
Le Laboratoire Ex situ est une unité de recherche et de services placée sous la direction de René Audet, professeur titulaire en littérature contemporaine et culture numérique à l'Université Laval. Infrastructure spécialisée, le Laboratoire permet d'accompagner des projets de recherche dans leur utilisation des ressources numériques et de mener des chantiers, notamment la numérisation d'archives scientifiques.

Ex situ pilote également les rencontres du Café numérique à l'Université Laval et propose une veille scientifique sur les archives, les dépôts institutionnels et les digital humanities (voir notamment le fil twitter).

Favoriser l’écriture collaborative et l’archivage de ses traces

Billet intéressant d’Ed Felten, qui porte un regard sur les humanités depuis son champ, qui est celui de l’informatique. Son propos porte sur la transposition des outils de versioning des logiciels informatiques au domaine des humanités, pour favoriser l’écriture collaborative de textes.

L’idée n’est pas nouvelle ; il s’en trouve déjà des manifestations — Google Wave, Etherpad son ancêtre, plusieurs éditeurs de documents en ligne comme Adobe Buzzword, ou encore SubEthaEdit. Ces logiciels permettent la mutualisation de l’écriture. Du côté de l’archivage, ce qui est décrit correspond à peu de choses près à l’historique des wikis.

Néanmoins, l’identification des fonctions précises mérite de s’y pencher un peu plus. Donc aux côtés des fonctions d’écriture collaborative et d’historique des modifications, il identifie plus précisément trois éléments importants :

  • l’écriture parallèle : les logiciels de versioning gèrent le partage du travail entre plusieurs collaborateurs et facilitent la fusion des parties rédigées/amendées/augmentées ; tout wiki permet de segmenter l’intervention sur une section donnée, mais l’assignation des mandats reste toujours un peu improvisée ;
  • le relevé des améliorations possibles et des commentaires (efficacement nommé en anglais issue tracking) : l’annotation en cours de travail (mention de petites interventions à faire, des problèmes à régler) et les commentaires laissés par des relecteurs sont pratiques communes pour toute personne utilisant les fonctions de révision ou de commentaire des traitements de texte ; toutefois, ces traces restent soit  trop intrusives, soit trop masquées, soit trop localisées (associées à un point d’ancrage précis) ;
  • la publication hâtive et répétée :eévidemment, le lectorat de textes conçus dans un milieu de recherche en sciences humaines n’est pas immense ; on ne peut guère espérer avoir autant de béta-testeurs que bien des logiciels… mais il demeure que l’épreuve de la lecture est un processus extrêmement riche, qu’il faudrait davantage favoriser ; en ce sens, la publication hâtive sur des carnets scientifiques, comme André Gunthert l’évoquait au moment du lancement officiel de la plateforme Culture visuelle, constitue un rouage précieux pour l’exercice de la recherche :

Culture Visuelle ne vise pas à reproduire le modèle canonique de la revue peer-reviewed, mais à cultiver la recherche en train de se faire. Grâce aux outils numériques, la plate-forme crée une nouvelle strate de visibilité du travail savant, renouant avec des modèles plus anciens, comme les célèbres Comptes rendus de l’Académie des sciences créés en 1835 par le génial Arago – lieu de présentation des travaux et des questionnements, de commentaires et de débats, à un rythme soutenu.

Des développements logiciels sont certainement nécessaires pour amener les logiciels comme git ou CVS vers les sciences humaines ; il m’apparaît toutefois que les transformations les plus profondes doivent être opérées du côté des usagers, des chercheurs donc, pour qui ces considérations méthodologiques (pas même techniques) sont encore bien étrangères.

Diffusion des sources de la recherche en SHS

Se tiendra à Aussois, à la mi-octobre, une semaine de formation pour la gestion numérique des sources de la recherche en sciences humaines et sociales. La question de la diffusion des sources et de la documentation scientifique  prend une importance de plus en plus grande, alors que la diffusion numérique des publications elles-mêmes est majoritairement passée dans les usages (du moins pour les périodiques).

La mise en contexte de l’événement illustre bien le défi que tel projet représente :

A l’heure où se multiplient les projets d’édition électronique des sources de la recherche, où de plus en plus de chercheurs voudraient diffuser les matériaux de leurs recherches, et où des bibliothèques et centres de documentation souhaitent valoriser leur patrimoine scientifique, l’ampleur de l’entreprise peut désemparer : comment se lancer dans un tel projet, à qui s’adresser, quelles compétences rassembler, quels financements trouver, comment assurer le succès de ce projet, comment garantir la pérennité d’une diffusion en ligne, etc.

C’est pour donner aux personnes impliquées dans un tel projet des éléments de réponse à toutes ces questions que le Service éditorial et publication électronique de l’Institut de recherche et d’histoire des textes (SEPE, IRHT-CNRS), rejoint par des acteurs du domaine des humanités numériques, propose une action nationale à gestion déconcentrée (ANGD) soutenue par la formation permanente du CNRS et le TGE Adonis, sur la production, l’édition, la gestion et la diffusion des sources numériques de la recherche en sciences humaines et sociales.

L’objectif de cette formation, d’une durée d’une semaine, est ambitieux mais précis. A travers un cas d’école permettant la mise en situation des stagiaires, par des exercices pratiques et de nombreuses prises de parole, des ateliers aborderont successivement les différentes étapes du processus. L’identification des acteurs, la répartition des tâches, la définition d’un calendrier rigoureux, la coordination de la communication tant au sein de l’équipe qu’en direction des tiers (financeurs, public), l’anticipation des problèmes qui peuvent survenir, l’articulation entre la structuration des données et l’usage qui en sera fait, apparaîtront comme les clés de la réussite d’un tel projet.

La suite et plus de renseignements à venir ici.

Addenda (21 mai 2010) : description officielle de l’événement ici.

THATcamp Paris : jeter un œil

Le THATcamp Paris est à l’étape des derniers préparatifs — THATcamp, selon la formule développée au Center for History and New Media de George Mason University (sous l’impulsion de Dan Cohen), est une « non-conférence » : The Humanities and Technology Camp. À l’initiative de Marin Dacos et du Centre pour l’édition électronique ouverte qu’il dirige, une version made in Paris aura lieu les 18 et 19 mai. Événement à suivre de près… d’autant plus lorsqu’on jette un oeil aux thématiques des ateliers proposés.

Signalons, parmi les sujets liés de près à Ex situ :

– les outils collaboratifs (suggéré par Muriel Foulonneau – et fortement soutenu par Frédéric Clavert)
– les archives de chercheurs : classification, archivage et dissémination… quelles méthodes pour promouvoir les formats ouverts et libres? (suggéré par Richard Walter)
– le chercheur et la diffusion de ses sources : nécessités, risques, contraintes, reconnaissances?  (suggéré par Marin Dacos)
– Réflexions pour une typologie des publications en ligne, entre héritage des formes anciennes du papier et création de nouveaux types hybrides ou nativement électroniques : définir ce que l’on fait, aider à la validation et à la reconnaissance éditoriale et scientifique (suggéré par Thierry Buquet – et fortement soutenu par Corinne Welger-Barboza).
– L’archivage numérique à long terme défis et solutions (proposé par Sarah Faraud et soutenu par Gautier Poupeau)

À suivre dans quelques jours à peine…

Inauguration du Laboratoire Ex situ

Communiqué

Pour diffusion immédiate

La technologie au service de la recherche sur la littérature et la culture.

23 avril 2010 – Le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ) de la Faculté des lettres inaugure aujourd’hui le Laboratoire Ex situ. Études littéraires et technologie. Le principal mandat du Laboratoire est de doter le CRILCQ des moyens techniques et humains nécessaires à la réalisation du projet DÉCALCQ, un dépôt électronique et une vitrine de consultation des archives en littérature et culture québécoises. Cet ambitieux projet, en phase avec une préoccupation scientifique actuelle qui est celle de la diffusion des données de recherche en sciences humaines, assurera la préservation, la diffusion et la mise en valeur des archives documentaires et scientifiques du CRILCQ. Ex situ fournira en plus une infrastructure informatique permettant d’accompagner et de soutenir les chercheurs en études québécoises, qu’ils soient ici ou à l’étranger.

La mise en place de ce Laboratoire a été rendue possible grâce à de nombreux partenariats, à commencer par une subvention de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). « Cette infrastructure bénéficie également du soutien du Fonds d’investissement étudiant de la Faculté des lettres, de même qu’elle s’appuie sur une collaboration exceptionnelle de la Bibliothèque de l’Université Laval, qui injecte son expertise en gestion de documentation numérique et contribue au développement des technologies appropriées à leur diffusion », souligne monsieur René Audet, professeur au Département des littératures et directeur du Laboratoire Ex situ.

Madame Silvie Delorme, directrice de la Bibliothèque, considère le DÉCALCQ comme un projet-pilote de dépôts électroniques de documentation scientifique, dans la mouvance actuelle des dépôts institutionnels et des politiques d’open access. « La réalisation de ce projet établira une expertise précieuse pour d’éventuels projets de pérennisation et de diffusion des données de recherche en sciences humaines. » En plus de constituer un outil pédagogique de premier ordre, le projet DÉCALCQ sera une occasion supplémentaire de travailler au rayonnement des recherches sur la littérature et la culture québécoises et de consolider la position du CRILCQ comme référence internationale dans ce champ d’expertise.

Connu à l’origine sous le nom de CRELIQ (Centre de recherche en littérature québécoise), le CRILCQ a permis la réalisation de nombreux travaux majeurs sur la littérature et la culture québécoises, tels le Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, l’Histoire de la vie littéraire au Québec, de même que plusieurs projets centrés sur la vie culturelle et la littérature d’hier et d’aujourd’hui. Ces projets ont laissé derrière eux des masses documentaires importantes, témoignage de la richesse et de l’intensité de la recherche collaborative dans ce centre.

Le Laboratoire Ex situ, adjacent aux espaces de recherche du CRILCQ, est situé au local 7182 du pavillon Charles-De Koninck.

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Pour tout renseignement :

Annie Cantin, coordonnatrice du CRILCQ

annie.cantin@lit.ulaval.ca

tél : 418 656-2131, poste 4536

Site web du CRILCQ : //www.crilcq.org

Site web du Laboratoire Ex situ : //ex-situ.info

Qu’est-ce que le laboratoire Ex situ?

Le Laboratoire Ex situ est un lieu consacré à l’expérimentation des moyens qu’offre la technologie à la recherche en sciences humaines, en particulier en études littéraires.

Documentation, compilation, analyse, rédaction collaborative, diffusion, archivage, remobilisation : tous ces processus liés à la recherche peuvent faire l’objet d’un arrimage technologique.

Nous y réfléchissons, nous jetons un œil autour, nous expérimentons.

Ouverture du site du Laboratoire…

À l’occasion de l’inauguration des locaux du Laboratoire Ex situ, voici la première mise en ligne d’un site permettant d’avoir une existence hors de ses propres murs…

Le site vise à informer sur la nature des activités du Laboratoire ; il sera le lieu d’une veille sur les enjeux posés par les digital humanities et sur les dépôts documentaires numériques. Ce blog permettra de faire connaître les étapes de réalisation du projet DÉCALCQ, alors que le compte twitter (répercuté dans la colonne de droite) nous servira à relayer des idées, des projets ou des publications pertinentes dans le champ d’action du Laboratoire.